
EUROPE
Monaco
Monaco est la destination sur laquelle nous rendons le plus souvent un avis négatif, et pour une raison qui n’a rien à voir avec la qualité de la Principauté. Une convention conclue avec la France en 1963 prévoit que les ressortissants français qui transfèrent leur domicile à Monaco demeurent imposables en France comme s’ils y résidaient. Autrement dit, l’absence d’impôt monégasque sur le revenu, réelle et pleinement applicable aux autres nationalités, ne bénéficie pas à un Français qui s’installerait aujourd’hui. Cette règle est ancienne, connue des professionnels, et pourtant régulièrement découverte trop tard par des candidats au départ. Nous la posons dès le premier échange, parce qu’elle réoriente la plupart des dossiers.
LA NATIONALITÉ D’ABORD
Monaco pose une question qu’aucune autre destination ne pose
Un projet monégasque commence par une question de nationalité, ce qui n’est le cas d’aucune autre destination que nous couvrons. Nous établissons d’abord si le régime vous est ouvert, puis, si tel est le cas, nous conduisons le dossier de résidence, la relation bancaire et l’installation avec nos correspondants dans la Principauté. Lorsque le régime ne vous est pas ouvert, nous vous le disons immédiatement et nous vous orientons vers les juridictions qui produisent l’effet recherché.
AVANTAGES FISCAUX
Aucun impôt sur le revenu des personnes physiques pour les résidents, à l’exception des ressortissants français visés par la convention de 1963. Aucun impôt sur la fortune, aucune taxe foncière ni taxe d’habitation. Les droits de succession et de donation sont nuls en ligne directe et entre époux. L’impôt sur les bénéfices ne frappe que les entreprises réalisant plus du quart de leur chiffre d’affaires hors de la Principauté.
PROFIL IDÉAL
Entrepreneurs, dirigeants et familles patrimoniales de nationalité autre que française, ainsi que les Français pouvant justifier d’une résidence habituelle à Monaco antérieure à la date fixée par la convention. Profils recherchant un environnement de banque privée dense, une sécurité exceptionnelle et une adresse européenne sur la Méditerranée.
CONDITIONS DE RÉSIDENCE
Il faut disposer d’un logement dans la Principauté, en pleine propriété ou en location, justifier de ressources suffisantes, généralement matérialisées par un dépôt auprès d’une banque monégasque dont le montant se situe couramment entre 500 000 et un million d’euros selon l’établissement, produire un extrait de casier judiciaire et souscrire une couverture santé. La carte de séjour temporaire est délivrée pour un an, avant l’accès à la carte ordinaire puis, après plusieurs années, à la carte privilégiée.
QUALITÉ DE VIE
Sécurité parmi les plus élevées au monde, densité exceptionnelle d’établissements de banque privée, accès immédiat à Nice et à son aéroport international, écoles suivant le programme français. Le marché immobilier est le plus cher du monde au mètre carré (Knight Frank), ce qui constitue la principale barrière pratique à l’installation.
POINTS DE VIGILANCE
La règle de 1963 applicable aux ressortissants français commande l’ensemble du raisonnement et doit être examinée avant toute autre considération. La résidence habituelle doit par ailleurs être effective : la jurisprudence admet qu’elle se prouve par tous moyens, ce qui signifie aussi qu’elle peut être contestée par tous moyens. La TVA applicable est celle du régime français.

FAQ
Un Français peut-il échapper à l’impôt français en s’installant à Monaco ?
Non, sauf situation historique très particulière. La convention fiscale franco-monégasque du 18 mai 1963 prévoit en son article 7 que les personnes de nationalité française qui transfèrent leur domicile ou leur résidence à Monaco, ou qui ne peuvent justifier de cinq années de résidence habituelle dans la Principauté à la date du 13 octobre 1962, sont assujetties à l’impôt en France dans les mêmes conditions que si elles y avaient leur domicile. Un Français qui s’installe aujourd’hui à Monaco reste donc contribuable français sur ses revenus mondiaux. Cette règle n’a pas d’équivalent dans les autres conventions signées par la France et elle constitue le point de départ obligé de tout projet monégasque porté par un ressortissant français. Les personnes concernées par l’exception, résidentes de longue date avant 1962 et leurs situations dérivées, sont aujourd’hui peu nombreuses.
La règle s’applique-t-elle aux binationaux ?
C’est une question fréquente et la réponse demande de la prudence. La convention vise les personnes de nationalité française, et la détention d’une seconde nationalité ne fait pas disparaître la première. Un binational franco-italien ou franco-suisse reste français au sens de ce texte. La renonciation à la nationalité française est une démarche lourde, aux conséquences très étendues, qui dépasse de loin la question fiscale et que nous n’abordons jamais comme un outil d’optimisation. En revanche, la situation d’un couple dont un seul membre est français appelle un examen précis, car les conséquences diffèrent selon la répartition des revenus, le régime matrimonial et la localisation du foyer. Ce type de configuration se traite avec un avocat fiscaliste avant toute décision.
Pour quelles nationalités Monaco reste-t-il pertinent ?
Pour toutes les autres, sous réserve des règles de leur propre pays d’origine. Un ressortissant belge, italien, britannique, suisse ou libanais qui établit sa résidence effective à Monaco n’y supporte aucun impôt sur le revenu, aucun impôt sur la fortune et aucun droit de succession en ligne directe. Ces profils constituent l’essentiel de la population résidente non monégasque. Chaque nationalité conserve toutefois ses propres règles de sortie : certains États appliquent des périodes de rattachement prolongé après le départ, d’autres des dispositifs de sortie comparables à l’exit tax française. Il faut donc traiter le pays de départ avec la même rigueur que pour n’importe quelle autre destination. L’absence d’imposition monégasque ne dit rien de la situation dans l’État que vous quittez.
Comment obtient-on une carte de séjour monégasque ?
Le dossier repose sur trois piliers. Un logement dans la Principauté, détenu en propriété ou pris à bail, dont la surface doit être cohérente avec la composition du foyer. Une justification de ressources, apportée en pratique par une attestation d’une banque monégasque, laquelle exige l’ouverture d’un compte et le dépôt d’un montant se situant couramment entre 500 000 et un million d’euros selon l’établissement et le profil. Un extrait de casier judiciaire du pays de résidence des cinq dernières années, ainsi qu’une couverture santé. La demande est instruite par les autorités monégasques et donne lieu à un entretien. Le délai s’étend généralement de trois à six mois pour un dossier bien préparé, davantage lorsque la situation est complexe. La première carte est délivrée pour un an.
Faut-il vivre effectivement à Monaco ?
Oui, et le point est plus exigeant qu’il n’y paraît. La carte de séjour suppose de faire de la Principauté sa résidence habituelle, et son renouvellement s’apprécie au regard de l’occupation réelle du logement. Une consommation d’électricité anormalement basse ou des absences prolongées se remarquent. Le Conseil d’État français a par ailleurs jugé que la preuve de la résidence habituelle à Monaco peut être apportée par tous moyens, ce qui vaut dans les deux sens : le contribuable dispose d’une latitude pour établir sa situation, l’administration d’une latitude équivalente pour la contester. Une installation monégasque de façade, avec un appartement inoccupé et une vie réelle ailleurs, ne résiste pas à un examen sérieux.
Quelle fiscalité pour une société monégasque ?
Monaco applique un impôt sur les bénéfices aux entreprises qui réalisent plus du quart de leur chiffre d’affaires en dehors de la Principauté, ainsi qu’à celles dont les revenus proviennent de la cession ou de la concession de droits de propriété intellectuelle. Une activité tournée principalement vers le marché monégasque échappe donc à cet impôt, tandis qu’une activité internationale y est assujettie. Cette logique inverse celle de la plupart des places à fiscalité douce et surprend souvent les dirigeants habitués aux régimes de zone franche. La Principauté applique par ailleurs le régime de TVA français, avec les taux correspondants. Une implantation de société à Monaco ne se justifie donc que par une véritable activité locale ou par des considérations qui dépassent la fiscalité.
Que dit exactement la convention franco-monégasque de 1963 ?
Elle soumet à l’impôt français sur le revenu, dans les mêmes conditions que s’ils avaient leur domicile en France, les Français qui ont transporté leur domicile ou leur résidence à Monaco à compter du 14 octobre 1957 (BOFiP, convention franco-monégasque, imposition des personnes physiques). La règle vise la nationalité, non la réalité de l’installation : un Français réellement domicilié à Monaco, y vivant à l’année, demeure imposable en France sur ses revenus mondiaux. Aucune durée de résidence ni aucune structure ne permet d’y échapper. C’est la raison pour laquelle Monaco est la destination sur laquelle nous rendons le plus fréquemment un avis négatif à des clients français, avant même d’examiner leur situation patrimoniale.
Comment la succession d’un résident monégasque est-elle traitée ?
Par une convention distincte, souvent confondue avec celle de 1963. La France et Monaco sont liées par une convention du 1er avril 1950 qui règle le traitement des successions et répartit le droit d’imposer selon la nature et la localisation des biens (BOFiP, convention franco-monégasque en matière successorale). Monaco applique par ailleurs un régime successoral très favorable en ligne directe, ce qui explique une part de l’attrait de la Principauté pour les patrimoines familiaux non français. Pour un Français, l’articulation entre cette convention et la règle des six années sur dix applicable aux héritiers domiciliés en France (BOFiP, territorialité des droits de mutation par décès) doit être examinée avant toute décision, car les deux textes se combinent.
La contribution différentielle sur les hauts revenus concerne-t-elle les résidents monégasques ?
Elle concerne les Français de Monaco, puisqu’ils demeurent fiscalement domiciliés en France au sens de la convention de 1963 (BOFiP, convention franco-monégasque, imposition des personnes physiques). Cette contribution assure une imposition minimale de 20 % du revenu de référence aux contribuables dont ce revenu dépasse 250 000 euros pour une personne seule ou 500 000 euros pour un couple soumis à imposition commune (BOFiP, contribution différentielle sur les hauts revenus). Les contribuables domiciliés hors de France n’y sont pas soumis, même sur leurs revenus de source française. C’est précisément la différence entre un Français de Monaco et un Français installé à Lisbonne : le premier reste dans le champ, le second en sort.
Quelles nationalités échappent réellement à la règle de 1963 ?
Toutes sauf la française, ce qui redessine complètement l’intérêt de la Principauté. Un ressortissant belge, italien, britannique, suisse ou de tout autre État peut établir sa résidence à Monaco et n’y être soumis à aucun impôt sur le revenu, sous réserve des règles de son propre pays d’origine. La convention de 1963 ne vise que les Français ayant transporté leur domicile à Monaco depuis le 14 octobre 1957 (BOFiP, convention franco-monégasque, imposition des personnes physiques). Cette asymétrie explique la composition de la population résidente. Pour un couple binational, elle impose un examen individualisé, car la règle s’applique personne par personne et non au foyer.
Combien coûte réellement se loger à Monaco ?
C’est le premier poste, et il dépasse largement l’enjeu fiscal pour la plupart des dossiers. La Principauté couvre environ deux kilomètres carrés pour près de quarante mille habitants, ce qui en fait le marché immobilier le plus cher du monde au mètre carré (Knight Frank). Un logement familial représente un budget annuel de location que peu de projets absorbent sans arbitrage. Ce coût conditionne aussi l’obtention de la carte de séjour, laquelle suppose de justifier d’un logement adapté à la composition du foyer. Beaucoup de candidats découvrent que le budget logement excède l’économie fiscale espérée, et renoncent à ce stade.
Quel est le régime de sécurité sociale monégasque ?
Monaco dispose de son propre système, distinct du régime français, financé par des cotisations assises sur les salaires et gérées par des caisses locales. Les salariés d’un employeur monégasque y sont affiliés, avec une couverture maladie et une retraite de droit monégasque. Une convention de sécurité sociale coordonne les droits acquis entre les deux pays, ce qui permet notamment la totalisation des périodes pour la retraite. Un résident sans activité doit en revanche organiser sa couverture par une assurance privée. Ce point conditionne l’octroi de la carte de séjour, qui suppose de justifier de ressources suffisantes et d’une couverture médicale.
Comment sont imposées les sociétés monégasques ?
Par un impôt sur les bénéfices qui frappe une catégorie précise d’entreprises, et non toutes. Sont concernées les sociétés réalisant plus du quart de leur chiffre d’affaires hors de la Principauté, ainsi que celles dont l’activité consiste à percevoir des produits de brevets ou de droits de propriété littéraire et artistique. Une activité purement locale, réalisant l’essentiel de son chiffre d’affaires à Monaco, échappe donc à cet impôt. Ce seuil du quart est le paramètre à surveiller pour toute activité tournée vers l’international, et il commande souvent la structuration retenue autant que le taux lui-même.
Faut-il vraiment résider à Monaco pour conserver sa carte de séjour ?
Oui, et le contrôle est réel. Le renouvellement de la carte suppose de démontrer une résidence effective dans la Principauté, avec un logement à disposition permanente et une présence habituelle, vérifiée notamment par les consommations du logement et les mouvements bancaires locaux. Un titulaire qui vivrait en réalité ailleurs s’expose au non-renouvellement. Cette exigence, souvent présentée comme une contrainte, protège en réalité le dossier : une résidence monégasque réelle est autrement plus solide face à une administration étrangère qu’un statut obtenu dans un pays qui n’exige aucune présence, comme le Paraguay.
Comment Coreway Consulting accompagne-t-il un projet monégasque ?
Nous commençons par la question de nationalité, parce qu’elle détermine si le projet a un sens fiscal. Lorsque la réponse est négative, nous vous le disons dès le premier échange et nous comparons les destinations qui produisent réellement l’effet recherché, ce qui conduit souvent vers la Suisse, l’Italie ou une juridiction hors d’Europe selon votre profil. Lorsque le projet tient, nous préparons le dossier de résidence, nous introduisons la relation bancaire monégasque, nous accompagnons la recherche de logement et nous coordonnons la sortie de votre pays de départ avec les conseils compétents. Un avis rendu tôt vaut mieux qu’un dossier engagé sur une prémisse fausse.
Les informations de cette FAQ sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique. Les régimes fiscaux sont susceptibles d'évoluer. Coreway Consulting recommande à chaque client de faire l'objet d'une analyse personnalisée lors de l'entretien de découverte.
