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AMÉRIQUES ET CARAÏBES

Îles Caïmans

Les Îles Caïmans constituent le cas le plus pur de neutralité fiscale : aucun impôt sur le revenu, aucune imposition des plus-values, aucun impôt foncier, aucune retenue à la source et aucun impôt sur les bénéfices des sociétés. Le territoire s’est bâti sur cette neutralité pour devenir la première domiciliation mondiale de fonds d’investissement (Cayman Islands Monetary Authority). Cette pureté fiscale a un revers direct : c’est précisément parce qu’il n’y a rien à imposer que les autorités étrangères, les banques et les listes internationales examinent avec attention toute structure caïmanaise. Le régime de substance économique introduit ces dernières années répond à cette pression, et il conditionne aujourd’hui l’usage sérieux du territoire.

LA CONFORMITÉ AVANT LA FISCALITÉ

Aux Caïmans, l’essentiel du travail porte sur la substance

Aux Caïmans, l’analyse fiscale est immédiate et l’analyse de conformité est l’essentiel du travail. Nous examinons la substance que vous pouvez réellement installer, la manière dont une structure caïmanaise sera traitée par votre pays de départ et par vos banques, puis nous déterminons si le projet porte sur une résidence personnelle, sur un véhicule d’investissement, ou sur les deux. Ces réponses appellent des dispositifs différents.

AVANTAGES FISCAUX 

Aucun impôt sur le revenu, aucune imposition des plus-values, aucun impôt foncier récurrent, aucune retenue à la source, aucun impôt sur les bénéfices des sociétés (Cayman Islands Government). Les recettes publiques reposent sur les droits de douane, les droits d’enregistrement immobilier et les redevances liées aux services financiers. Le territoire ne prélève pas de taxe sur la valeur ajoutée.

PROFIL IDÉAL

Professionnels des fonds d’investissement, de l’assurance et de la gestion d’actifs, pour lesquels l’écosystème local est sans équivalent. Familles patrimoniales importantes disposant des moyens d’engager les investissements requis. Le territoire ne convient pas aux projets modestes : les seuils d’accès et le coût de la vie l’excluent d’emblée.

CONDITIONS DE RÉSIDENCE

Deux certificats principaux. Le certificat de résidence pour personnes disposant de moyens indépendants ouvre un droit de séjour de vingt-cinq ans renouvelable contre un investissement d’un million de dollars caïmanais, dont au moins cinq cent mille en immobilier résidentiel bâti, assorti d’une condition de revenus annuels ; il n’autorise pas à travailler sur le territoire. Le certificat de résidence permanente suppose un investissement de deux millions de dollars caïmanais en immobilier résidentiel bâti, réalisé sur fonds propres et sans financement, et ouvre des droits plus étendus, dont la possibilité de travailler (Cayman Islands Government).

QUALITÉ DE VIE

Sécurité élevée, environnement anglophone, écoles privées de bon niveau, offre médicale correcte avec des évacuations vers les États-Unis pour les cas complexes, plages et environnement naturel remarquables. Le coût de la vie compte parmi les plus élevés au monde, l’ensemble des biens étant importé et soumis à droits. Le territoire est petit et l’offre de loisirs limitée.

POINTS DE VIGILANCE

Le régime de substance économique impose aux entités exerçant certaines activités de démontrer une présence réelle sur le territoire, sous peine de sanctions et d’échange d’informations avec les États concernés. Le traitement français des participations dans des structures établies dans des juridictions à fiscalité privilégiée doit être examiné en amont. L’exposition cyclonique et le coût de la vie constituent enfin des paramètres pratiques déterminants.

FAQ

Y a-t-il réellement aucun impôt aux Îles Caïmans ?

Aucune imposition directe, et c’est exact sans réserve. Le territoire ne prélève ni impôt sur le revenu des personnes physiques, ni imposition des plus-values, ni impôt sur les bénéfices des sociétés, ni retenue à la source sur les dividendes, intérêts ou redevances, ni impôt sur la fortune, ni droits de succession, ni taxe foncière récurrente, ni taxe sur la valeur ajoutée. Cette neutralité totale est ancienne et structurelle. Les recettes publiques proviennent des droits de douane, très élevés, des droits perçus lors des transactions immobilières et des redevances acquittées par l’industrie des services financiers. Le résident supporte donc une fiscalité indirecte réelle, dissimulée dans le prix des biens, mais aucune imposition sur ce qu’il gagne ou détient.

Comment obtenir un droit de séjour aux Caïmans ?

Deux certificats structurent l’accès. Le certificat destiné aux personnes disposant de moyens indépendants ouvre un droit de séjour d’une durée de vingt-cinq ans contre un investissement de l’ordre d’un million de dollars caïmanais, dont une part significative doit porter sur de l’immobilier bâti, le demandeur devant en outre justifier de revenus annuels d’un niveau déterminé sans exercer d’activité sur place. Le certificat de résidence permanente suppose un investissement plus élevé, d’environ deux millions de dollars caïmanais en immobilier bâti, et confère des droits plus étendus, notamment la possibilité de solliciter le droit de travailler. D’autres dispositifs existent pour les salariés d’entreprises locales et pour certains entrepreneurs. Les montants sont exprimés en dollars caïmanais, monnaie arrimée au dollar américain à un taux supérieur à l’unité.


Qu’est-ce que le régime de substance économique ?

C’est la réponse du territoire à la pression internationale sur les juridictions à fiscalité nulle, et il a changé la donne. Les entités exerçant certaines activités définies, notamment les fonctions de siège, de financement, de gestion de fonds, de propriété intellectuelle ou de holding, doivent démontrer une présence économique réelle aux Îles Caïmans : décisions de gestion prises sur place, personnel qualifié en nombre suffisant, dépenses d’exploitation proportionnées, locaux adaptés. Le respect de ces obligations fait l’objet de déclarations annuelles et de contrôles, et les manquements donnent lieu à des sanctions ainsi qu’à un échange d’informations avec les autorités des États concernés. Ce régime a rendu obsolètes les structures purement formelles. Il rend en revanche parfaitement défendables celles qui reposent sur une activité véritable.


Une structure caïmanaise est-elle risquée pour un résident français ?

Elle appelle un examen préalable sérieux plutôt qu’un rejet de principe. Le droit français comporte plusieurs dispositifs visant les participations détenues dans des entités établies dans des États à régime fiscal privilégié, susceptibles de rendre imposables en France des bénéfices non distribués, avec des clauses de sauvegarde subordonnées à la démonstration d’une activité économique effective. S’y ajoute la question de l’inscription du territoire sur les listes de juridictions non coopératives, qui a varié dans le temps et qui emporte, lorsqu’elle s’applique, des majorations de prélèvements sur certains flux. Une structure caïmanaise détenue par un résident français sans substance réelle est donc une mauvaise idée. La même structure, adossée à une activité véritable et détenue par une personne effectivement établie hors de France, se défend normalement.


Pourquoi les fonds d’investissement y sont-ils domiciliés ?

Parce que la neutralité fiscale y remplit une fonction précise, souvent mal comprise. Un fonds réunit des investisseurs résidant dans des dizaines de juridictions différentes. Le domicilier dans un État qui n’impose pas ses bénéfices évite d’ajouter une couche d’imposition intermédiaire entre les actifs sous-jacents et les investisseurs, chacun demeurant imposé dans son propre pays selon ses propres règles. Ce n’est donc pas un mécanisme d’évitement pour les porteurs, mais un mécanisme de neutralité destiné à ne pas créer de double imposition. S’y ajoutent un droit des sociétés souple d’inspiration anglaise, une jurisprudence abondante, un régulateur spécialisé et une profondeur de professionnels sans équivalent. Ces raisons expliquent la domination du territoire sur ce segment, indépendamment de toute considération d’opacité.


Que recouvre exactement l’obligation de substance économique caïmanaise ?

Elle impose à toute entité exerçant une activité dite pertinente de démontrer qu’elle est dirigée depuis le territoire, qu’elle y engage des dépenses proportionnées et qu’elle y dispose de locaux et de personnel adaptés à son volume d’activité (Cayman Islands Government). Les activités visées incluent notamment la banque, l’assurance, le financement, la gestion de fonds, la détention de propriété intellectuelle et les activités de siège. Une simple domiciliation ne satisfait plus ces exigences. Le coût d’exploitation d’une structure caïmanaise a donc augmenté, mais sa crédibilité face à une administration étrangère aussi. La question devient économique : le volume d’activité justifie-t-il la substance à financer.


Un trust caïmanais doit-il être déclaré à l’administration française ?

Oui, et l’omission coûte cher. L’article 1649 AB du code général des impôts impose à l’administrateur d’un trust une déclaration événementielle et une déclaration annuelle dès lors que le constituant, un bénéficiaire réputé constituant ou au moins un bénéficiaire a sa résidence fiscale en France, ou qu’un bien placé dans le trust est situé en France (article 1649 AB du code général des impôts). Le manquement est sanctionné par une amende de 20 000 euros ou, si ce montant est supérieur, de 12,5 % des actifs placés dans le trust, applicable pour chaque année non prescrite (BOFiP, dispositions relatives aux trusts). Les îles Caïmans étant une place majeure du trust, ce point conditionne tout projet familial.


À quel moment puis-je céder ma société après un départ aux Caïmans ?

Pas avant deux ans, et pas avant cinq ans au-delà d’un certain seuil. L’impôt établi au titre de l’exit tax est dégrevé à l’expiration d’un délai de deux ans suivant le transfert du domicile, porté à cinq ans lorsque la valeur globale des titres excède 2 570 000 euros (administration fiscale française). Une cession intervenant avant ce terme met fin au sursis de paiement et rend l’impôt exigible (article 167 bis du code général des impôts). Pour les profils qui s’intéressent aux Caïmans, souvent des dirigeants ayant préparé une sortie ou des professionnels de la gestion d’actifs, ce calendrier prime sur toute autre considération. Il se planifie plusieurs années à l’avance.


Détenir des parts de fonds caïmanais expose-t-il à une imposition française ?

Oui, si vous êtes encore résident fiscal français. L’article 123 bis vise la détention d’au moins 10 % des droits dans une entité étrangère soumise à un régime fiscal privilégié, lorsque son actif est principalement composé de valeurs mobilières, de créances ou de dépôts (BOFiP, article 123 bis du CGI). Un véhicule d’investissement caïmanais correspond très exactement à cette définition d’actif financier, et l’absence totale d’imposition locale satisfait mécaniquement le critère du régime privilégié, défini comme une charge inférieure d’au moins 40 % à celle du droit commun français. Le seuil de 10 % est déterminant : en deçà, le texte ne s’applique pas, ce qui structure souvent la répartition des participations.


Comment accède-t-on à une résidence permanente aux îles Caïmans ?

Par l’investissement, à des seuils élevés et selon plusieurs voies. Le certificat de résidence permanente pour personnes indépendamment fortunées suppose un investissement d’environ deux millions de dollars caïmanais en immobilier bâti, tandis que d’autres catégories reposent sur un investissement dans une entreprise locale employant des résidents, ou sur des revenus annuels garantis d’un montant déterminé (Cayman Islands Government). Les procédures sont administrées de manière rigoureuse et les délais se comptent en mois. Le territoire assume une politique migratoire sélective, cohérente avec son modèle : il n’a jamais cherché le volume, ce qui explique la stabilité de son cadre réglementaire.


Le coût de la vie annule-t-il l’avantage fiscal ?

Il l’entame sérieusement pour une famille. Les Caïmans importent la quasi-totalité de leur consommation et financent leur budget par des droits de douane élevés, à défaut d’imposition directe. L’alimentation, l’énergie et les véhicules s’y situent nettement au-dessus des niveaux européens, et les frais de scolarité privée constituent un poste majeur, l’offre publique étant limitée pour les résidents étrangers. À cela s’ajoutent des primes d’assurance élevées liées à l’exposition cyclonique. Une famille de quatre personnes peut voir une part appréciable de son économie fiscale absorbée par ces postes, et ce calcul doit précéder la décision, pas la suivre.


Pourquoi les Caïmans dominent-elles la domiciliation de fonds ?

Par une combinaison rare de neutralité fiscale, de sécurité juridique et de profondeur de services. Le territoire recense plusieurs milliers de fonds réglementés, dont un peu plus de dix-huit mille fonds sous licence selon les statistiques publiées par le régulateur (Cayman Islands Monetary Authority). Cette concentration repose sur un droit des sociétés issu de la common law, sur des juridictions spécialisées et sur un écosystème dense d’administrateurs, d’auditeurs et de conseils. Pour un gérant, cet effet d’agglomération compte davantage que l’avantage fiscal lui-même : il garantit des délais courts, des standards connus des investisseurs institutionnels et une jurisprudence prévisible.


Comment le territoire finance-t-il ses dépenses publiques ?

Sans aucune imposition directe, ce qui est presque unique au monde. Les recettes proviennent des droits d’importation, des redevances et frais annuels acquittés par les sociétés et les fonds enregistrés, des permis de travail délivrés aux résidents étrangers, ainsi que des droits de mutation immobilière perçus lors des acquisitions (Cayman Islands Government). Ce modèle explique le coût élevé de l’installation et de l’emploi sur place, chaque permis de travail représentant une recette publique. Il explique aussi la stabilité du dispositif : contrairement à un régime dérogatoire accordé à des particuliers, cette architecture ne dépend pas d’une décision politique révisable chaque année.


La scolarité et la santé sont-elles à la hauteur pour une famille ?

Elles sont de bon niveau mais coûteuses, et l’offre francophone est inexistante. La scolarité se fait en anglais, dans des établissements privés suivant les programmes britanniques ou nord-américains, avec des frais annuels élevés par enfant. Les soins courants sont assurés localement, avec une assurance santé privée obligatoire pour les résidents, mais les interventions lourdes conduisent à un transfert vers la Floride, à une heure et demie de vol. Ces deux postes, additionnés au logement, constituent l’essentiel du budget familial. Une famille francophone attachée à un cursus homologué trouvera l’Île Maurice mieux adaptée, ce que nous disons régulièrement.


Comment Coreway Consulting accompagne-t-il un projet aux Îles Caïmans ?

Nous séparons d’emblée deux questions distinctes : souhaitez-vous y résider, ou souhaitez-vous y implanter un véhicule. Pour une résidence personnelle, nous examinons les certificats disponibles, l’investissement immobilier correspondant et le coût de vie réel, qui surprend souvent. Pour une structure, nous conduisons l’analyse de substance et nous faisons examiner par un fiscaliste le traitement français applicable, examen qui conduit parfois à retenir une autre juridiction. Nous mobilisons ensuite les conseils caïmanais compétents et nous conservons la coordination générale, y compris avec vos conseils existants.

Les informations de cette FAQ sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique. Les régimes fiscaux sont susceptibles d'évoluer. Coreway Consulting recommande à chaque client de faire l'objet d'une analyse personnalisée lors de l'entretien de découverte.

Coreway Consulting est membre de la CCI France UAE et de la Dubai Chambers of Commerce.

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