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EUROPE

Luxembourg

Le Luxembourg n’est pas une destination à basse fiscalité personnelle, et il est plus honnête de le dire d’emblée : le barème de l’impôt sur le revenu y atteint des taux comparables à ceux de la France. Sa valeur se situe ailleurs, dans deux domaines où il n’a guère d’équivalent européen. Le régime des holdings, entièrement refondu en 2025 pour les salariés impatriés, exonère la moitié de la rémunération brute annuelle dans la limite d’un plafond, pendant huit ans. Et l’écosystème de structuration patrimoniale et de gestion d’actifs, deuxième place de fonds au monde, offre une profondeur d’expertise et une sécurité juridique que peu de juridictions peuvent revendiquer. Le Luxembourg s’adresse donc à des projets de structuration davantage qu’à des projets d’allègement personnel.

STRUCTURER PLUTÔT QUE S’INSTALLER

Résidence personnelle et structure de détention sont deux réponses distinctes

Un projet luxembourgeois se juge sur ce qu’il permet de construire, pas sur le taux applicable à votre revenu. Nous examinons la structure de votre patrimoine, vos participations, vos projets de transmission et vos besoins de financement, puis nous déterminons si une implantation personnelle se justifie ou si seule une structure de détention est pertinente. Ces deux réponses sont fréquemment différentes, et les confondre coûte cher.

AVANTAGES FISCAUX 

Le régime des impatriés exonère la moitié de la rémunération brute annuelle, dans la limite de 400 000 euros par an, l’année de l’arrivée et les huit années suivantes (Administration des contributions directes). Le régime de participation exemption applicable aux sociétés de participations financières exonère, sous conditions, les dividendes et les plus-values de cession de participations. Les plus-values réalisées par un particulier sur des titres détenus au-delà d’une période courte et représentant une participation non substantielle ne sont pas imposées.

PROFIL IDÉAL

Cadres dirigeants recrutés depuis l’étranger, professionnels de la finance et de la gestion d’actifs. Familles patrimoniales et groupes recherchant une juridiction de détention sûre, reconnue et dotée d’un réseau conventionnel étendu. Entrepreneurs préparant une opération de haut de bilan ou une transmission structurée.

CONDITIONS DE RÉSIDENCE

Un ressortissant de l’Union européenne s’installe librement, avec déclaration d’arrivée auprès de la commune. La résidence fiscale s’acquiert par le domicile ou par un séjour d’une durée continue supérieure à six mois. Le régime des impatriés suppose d’être recruté depuis l’étranger ou détaché, de ne pas avoir été résident luxembourgeois ni imposable au Luxembourg au cours d’une période déterminée précédant l’arrivée, et d’atteindre un seuil de rémunération annuelle de base de 75 000 euros (Administration des contributions directes).

QUALITÉ DE VIE

Sécurité, services publics de qualité, transports publics gratuits, écoles européennes et internationales, français langue courante, position centrale au cœur de l’Europe avec un aéroport bien connecté. Le coût du logement est très élevé et pousse une partie des actifs à résider en France, en Belgique ou en Allemagne, ce qui soulève des questions fiscales spécifiques.

POINTS DE VIGILANCE

La fiscalité personnelle luxembourgeoise n’est pas un argument en elle-même en dehors du régime des impatriés, qui suppose un statut de salarié et ne concerne donc pas un entrepreneur indépendant. Les structures de détention exigent une substance réelle, exigence considérablement renforcée ces dernières années. Résider dans un pays voisin tout en travaillant au Luxembourg crée enfin une situation transfrontalière qui appelle une analyse propre.

FAQ

En quoi consiste le régime des impatriés luxembourgeois ?

Le dispositif a été entièrement refondu avec effet au 1er janvier 2025 et considérablement simplifié. Le mécanisme antérieur, fondé sur la prise en charge de coûts liés à l’expatriation, a été remplacé par une règle unique : la moitié de la rémunération annuelle brute est exonérée d’impôt, dans la limite d’un plafond fixé à 400 000 euros par an (Administration des contributions directes). L’avantage s’applique l’année de l’arrivée puis pendant les huit années suivantes. Un salarié arrivant en 2026 en bénéficie donc jusqu’en 2034. L’accès suppose d’être recruté depuis l’étranger ou détaché par une entreprise du même groupe, de ne pas avoir été résident ou imposable au Luxembourg pendant une période déterminée précédant l’arrivée, et de percevoir une rémunération atteignant un seuil minimal. Le régime concerne les salariés, non les indépendants.

Le Luxembourg est-il intéressant pour un entrepreneur indépendant ?

Rarement, si l’objectif est d’alléger sa fiscalité personnelle. Le barème de l’impôt sur le revenu luxembourgeois atteint des taux marginaux élevés, comparables à ceux que vous connaissez, et le régime des impatriés est réservé aux salariés recrutés depuis l’étranger. Un consultant indépendant qui transfèrerait simplement son activité au Luxembourg n’y trouverait pas d’avantage significatif par rapport à la France et supporterait un coût de logement supérieur. La logique change entièrement si le projet porte sur une structure de détention, une opération de haut de bilan, un véhicule d’investissement ou une transmission familiale. Le Luxembourg est alors difficile à égaler. C’est la raison pour laquelle nous séparons systématiquement la question de votre résidence personnelle de celle de vos structures : les deux réponses ne coïncident pas nécessairement.


Qu’apporte une holding luxembourgeoise ?

La société de participations financières luxembourgeoise bénéficie d’un régime de participation exemption qui exonère, sous conditions de seuil de détention et de durée, les dividendes reçus de ses filiales et les plus-values réalisées lors de la cession de ces participations. À cela s’ajoutent un réseau de conventions fiscales parmi les plus étendus d’Europe, l’accès aux directives européennes, une sécurité juridique reconnue et une profondeur d’expertise professionnelle qui facilite les opérations complexes. Ces avantages s’accompagnent d’exigences devenues strictes. La substance doit être réelle : organe de gestion effectivement présent, décisions prises sur le territoire, moyens proportionnés à l’activité. Les dispositifs anti-abus européens et les règles de prix de transfert s’appliquent pleinement. Une holding sans substance produit aujourd’hui l’effet inverse de celui recherché.


Les plus-values sont-elles imposées au Luxembourg ?

Pour un particulier, la réponse dépend de deux paramètres : la durée de détention et l’importance de la participation. Une plus-value réalisée sur des titres détenus au-delà d’une période courte, dite période de spéculation, et portant sur une participation non substantielle au sens des textes, échappe à l’impôt. À l’inverse, une cession intervenant à l’intérieur de cette période, ou portant sur une participation dépassant le seuil de détention prévu, relève d’un régime d’imposition dont les modalités varient. Ces règles rendent le Luxembourg attractif pour la détention de portefeuilles financiers diversifiés, moins pour la cession d’une participation majoritaire dans une société opérationnelle, opération qui appelle une analyse dédiée et souvent une structuration en amont. Le calendrier de cession devient alors un paramètre à part entière.


Quelle différence entre travailler au Luxembourg et s’y installer ?

C’est la situation de plusieurs dizaines de milliers de personnes et elle obéit à des règles spécifiques qu’il ne faut pas confondre avec une expatriation. La convention franco-luxembourgeoise attribue en principe l’imposition des revenus d’emploi à l’État où l’activité est exercée, avec des mécanismes d’élimination de la double imposition côté français et un régime particulier pour les jours travaillés hors du Luxembourg, dont le seuil a évolué et doit être vérifié. Votre résidence fiscale demeure française, avec toutes les conséquences que cela emporte sur vos autres revenus, votre patrimoine et vos obligations déclaratives. Cette configuration n’est donc pas une relocalisation : c’est un statut de travailleur frontalier, qui relève d’une logique et d’un accompagnement différents de ceux d’un transfert de résidence.


Quel est le coût fiscal réel d’une implantation luxembourgeoise ?

Le Luxembourg étant membre de l’Union européenne, les conditions de sursis de paiement de l’exit tax sont les plus favorables, ce qui rend la destination pertinente pour un dirigeant détenant des participations importantes et préparant une réorganisation. La convention franco-luxembourgeoise, renégociée il y a quelques années, répartit le droit d’imposer selon la catégorie de revenu et comporte des critères de départage en cas de double résidence. La proximité géographique appelle la même vigilance que pour la Suisse ou l’Andorre : les retours en France sont faciles, ce qui rend le critère du foyer d’autant plus sensible. Les revenus fonciers de source française restent imposables en France et l’impôt sur la fortune immobilière continue de porter sur vos biens français.


Quel est le taux réel d’imposition d’une société luxembourgeoise ?

Environ 25 % à Luxembourg-Ville, et non 17 % comme on le lit souvent. La charge fiscale globale combine l’impôt sur le revenu des collectivités, la contribution au fonds pour l’emploi qui le majore, et l’impôt commercial communal dont le taux varie selon la commune d’implantation (Administration des contributions directes). Pour une société dont le revenu imposable dépasse 200 000 euros et dont le siège est à Luxembourg-Ville, le taux effectif cumulé s’établit autour de 24,9 %. Une petite structure bénéficiant du taux réduit descend aux alentours de 22,8 %. Le choix de la commune modifie donc le résultat, et il constitue un paramètre réel de l’implantation.


Le Luxembourg prélève-t-il un impôt sur la fortune des sociétés ?

Oui, et c’est une particularité souvent oubliée dans les comparaisons européennes. Un impôt sur la fortune frappe annuellement l’actif net des sociétés résidentes, selon un barème assis sur la valeur unitaire déterminée au 1er janvier, avec un minimum forfaitaire applicable notamment aux structures à dominante financière (Administration des contributions directes). Une société de participation dont le bilan est composé de titres et de créances relève ainsi d’un minimum annuel, indépendamment de son résultat. Ce paramètre doit figurer dans le coût de détention d’une holding, au même titre que les honoraires de domiciliation, d’administration et d’audit.


En quoi consiste le régime luxembourgeois des impatriés ?

Il exonère la moitié de la rémunération annuelle brute, dans la limite de 400 000 euros par an, pour l’année de l’arrivée et les huit années suivantes (Administration des contributions directes, régime des impatriés). L’accès suppose de ne pas avoir été résident luxembourgeois ni imposable au Luxembourg pendant une période déterminée avant l’arrivée, et d’atteindre un seuil de rémunération annuelle de base de 75 000 euros. Ce régime unique a remplacé l’ancien dispositif fondé sur le remboursement de frais d’expatriation. Il vise clairement les cadres à haute rémunération du secteur financier, et il constitue l’argument principal du Luxembourg pour un salarié, bien plus que la fiscalité du patrimoine.


Que se passe-t-il si je travaille au Luxembourg en résidant en France ?

Vous relevez du statut de travailleur frontalier, régi par la convention franco-luxembourgeoise. Les rémunérations sont en principe imposables dans l’État d’exercice, avec un seuil de tolérance annuel de jours travaillés hors du Luxembourg au-delà duquel l’imposition bascule vers la France pour la fraction correspondante. Ce seuil, relevé par avenant, structure aujourd’hui l’organisation du télétravail de dizaines de milliers de frontaliers. La France élimine la double imposition par un crédit d’impôt. Le régime des impatriés luxembourgeois n’est en revanche pas accessible à un frontalier resté résident français, point qui échappe régulièrement aux candidats.


Une holding luxembourgeoise est-elle attaquable depuis la France ?

Elle l’est si elle est dépourvue de substance, et le Luxembourg n’offre à cet égard aucune protection particulière. L’article 209 B permet d’imposer en France les bénéfices d’une entité étrangère faiblement imposée détenue par une société française (BOFiP, article 209 B du CGI), et l’article 123 bis produit un effet comparable pour une personne physique (BOFiP, article 123 bis du CGI). Avec une charge globale voisine de 25 % (Administration des contributions directes), une société luxembourgeoise ordinaire n’entre pas dans la définition du régime privilégié, ce qui la distingue nettement d’une structure jersiaise ou caïmanaise. Le risque se déplace alors vers le siège de direction effective et l’abus de droit.


Quel est l’intérêt patrimonial d’une société de participations financières ?

L’exonération des dividendes et des plus-values sur participations qualifiées, sous conditions de seuil et de durée de détention, combinée à un réseau conventionnel dense et à l’application des directives européennes. Ce régime fait du Luxembourg une juridiction de tête de groupe pour l’Europe, ce qui explique la taille de sa place de fonds. Il suppose une substance réelle : administrateurs disposant des compétences requises, décisions prises localement, moyens propres. Une coquille administrée depuis Paris ne résiste ni à l’examen luxembourgeois, ni au contrôle français du siège de direction effective, et c’est le premier point que nous auditons.


Le Luxembourg est-il pertinent pour un indépendant ?

Rarement, et il faut le dire clairement. La fiscalité personnelle luxembourgeoise n’offre aucun avantage particulier : le barème progressif atteint des taux comparables à ceux de ses voisins, et les cotisations sociales sont assises sur les revenus professionnels. Le régime des impatriés vise les salariés à haute rémunération, pas les entrepreneurs individuels (Administration des contributions directes, régime des impatriés). Le coût du logement, l’un des plus élevés d’Europe, achève de dégrader l’équation. On implante une structure au Luxembourg pour des raisons de holding, de fonds ou d’accès au marché financier, on n’y installe sa résidence personnelle que si l’activité l’exige réellement.


Comment se règle une succession entre la France et le Luxembourg ?

Par le droit interne des deux États, en l’absence de convention spécifique en matière successorale. La France applique l’article 750 ter du code général des impôts, qui soumet aux droits français les biens situés en France et l’ensemble du patrimoine mondial lorsque l’héritier a été domicilié en France six des dix années précédentes (BOFiP, territorialité des droits de mutation par décès). Le Luxembourg applique ses propres droits de mutation, dont les taux varient fortement selon le lien de parenté, la ligne directe bénéficiant d’un traitement favorable. L’articulation des deux régimes doit être examinée avant tout transfert de résidence, notamment lorsque des titres de sociétés françaises composent l’essentiel du patrimoine.


Comment Coreway Consulting accompagne-t-il un projet luxembourgeois ?

Nous séparons d’emblée deux questions que l’on confond souvent : faut-il que vous résidiez au Luxembourg, et faut-il y implanter une structure. La seconde reçoit bien plus souvent une réponse positive que la première. Lorsqu’une résidence personnelle se justifie, nous vérifions l’éligibilité au régime des impatriés, qui suppose un statut de salarié et le respect de conditions d’antériorité. Lorsque le projet porte sur une structure, nous travaillons avec des conseils luxembourgeois sur l’architecture de détention, la substance à installer et l’articulation avec vos entités existantes. Nous coordonnons dans tous les cas la sortie de résidence française et le calendrier des opérations avec vos conseils actuels.

Les informations de cette FAQ sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique. Les régimes fiscaux sont susceptibles d'évoluer. Coreway Consulting recommande à chaque client de faire l'objet d'une analyse personnalisée lors de l'entretien de découverte.

Coreway Consulting est membre de la CCI France UAE et de la Dubai Chambers of Commerce.

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